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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 11:17

 

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  Si vous le voulez bien, plongeons ensemble dans les méandres de notre mémoire collective. Remontons dans le temps. Remontons les siècles, remontons les millénaires. Souvenons-nous... Nous voici rendu au début de notre histoire. Nous nous sommes redressés. Nous marchons désormais debout. Notre vue s'est élargie et aiguisée. Notre monde s'est agrandi. Notre esprit et nos mains libérées, nous cherchons désormais à comprendre notre environnement, à vouloir savoir, savoir ce qui se trouve par delà cet horizon qui nous barre le regard. La curiosité aiguise notre volonté et nous marchons vers cet inconnu. Poussés par cette soif ou par la nécessité, nous entamons un voyage sans retour, un voyage d'espoir pour une vie meilleure...

 

Nous sommes aux sources des temps immémoriaux, avant même le temps du rêve, un monde où tout était possible. Nous marchions, groupes après groupes, foulant le sol d'une emprunte nouvelle. Nous marchions pour vivre et survivre dans ce monde sauvage, notre berceau. Nous étions ces dérisoires conquérants,  plus proies que prédateurs ultimes cramponnés au sommet de la chaîne de la vie. Pour que la chance nous garde vivant, il nous fallait mettre toutes nos ressources dans la balance et en particulier tout ce que la nature nous avait offert: notre force physique et notre étonnante capacité psychique. A force de recherches, d'observations, de questionnement quotidien, temps où les mots avaient moins d'importance que les actes, nous sommes arrivés à dénicher et utiliser les richesses vierges de nos sols et sous-sol. Oui, cher lecteurs, souvenons-nous qu'un jour, il y a bien longtemps, on ne sait où, l'un d'entre nous, peut-être plus curieux ou plus malin s'emparait d'un bout de caillou, diffèrent des autres à ses yeux, et découvrit comment le rendre utile et efficace.

Cet homme marchait sur un chemin improbable, suivant ses compagnons. Soudain, un éclair lui frappa les yeux. Il se baissa, tendit sa main vers l'objet brillant et ramassa la pierre source de sa surprise. Il la garda longtemps au creux de sa main. Il la contempla. Il était subjugué par son éclat. Il ne pouvait s'empêcher de jouer avec elle et la lumière qu'elle semblait capter en son coeur. Il en fit un ornement qu'il porta comme un précieux talisman. Puis, fort de cette expérience, il chercha à nouveau et finit par en trouver une nouvelle, différente. Celle-ci possédait, selon lui, un "don", le "don" du tranchant. Il eu alors l'idée de tailler cette pierre et ainsi d'en faire un outil, peut-être le premier outil de l'humanité. Cet homme là avait compris, fabriqué et transmis son savoir. Générations après générations, ses descendants peaufinèrent et diversifièrent cet outil.

L'homme venait de mettre le pied, sans le savoir, sur une nouvelle marche des temps. 

 

Parcourant de nouveaux territoires, il découvrit de nouvelles ressources minérales qu'il tailla et transforma. Il apprit à chauffer  la matière brute, à la faire couler dans le but de modeler d'autres outils, plus puissants, plus solides et toujours plus efficaces. De réussites en échecs, il forgea sa force contre les êtres inférieurs et les éléments, son destin et son humanité. Ces pierres, insidieusement, siècles après siècles, progrès après progrès, finirent par le transformer à jamais lui-même. Il finit même par imaginer qu'il était élu d'entre toutes les créatures, qu'il était l'élu des Dieux.

 

Il apprit le prix de ce progrès, car il y avait un prix. Le chemin fut si long, parsemé d'embûches, de désillusions, de misère et de sacrifices. Il en avait conscience, mais, pour lui, la connaissance et le savoir, plus que tout, était un bien universel.

 

Hélas, ou pas, selon son point de vue, quelques-uns, devant l'enjeu de la possession, prirent le contrôle de cette richesse. Ils la transformèrent à leur exclusif avantage en pouvoir. Dirions-nous aujourd'hui que c'est dans la nature humaine? Toujours est-il que leurs compagnons libres d'antan, devenus citoyens ou peuples, devinrent simples serviteurs captifs de cette nouvelle ère de l'évolution humaine. Désormais cette élite captera toujours plus de richesses pour toujours plus de pouvoir. Ainsi débuta le temps des convoitises, des conflits et des guerres. Ce fut le temps des cités, des royaumes et des empires alliés ou ennemis, des entités  prêtent à en découdre pour peu qu'en face il y ait quelques ressources convoitées à s'approprier par la force.

 

Toujours poussé par sa curiosité et son désir de découverte, fort de nouveaux outils de déplacement, roulants ou voguants, il créa des échanges nouveaux. Ainsi, des routes de commerce établirent, notamment vers l'orient, des liens entre des peuples issus de grandes et puissantes civilisations du monde connu. Puis, l'appât du gain aidant, il conquit les dernières "terra incognita" de notre planète. Il le fit souvent sous couvert d'apporter civilisation et foi aux peuples lointains qu'il jugeait lui-même inférieurs et sous développés. Mais ces idées humanistes (?) cachaient très souvent bien d'autres desseins. Des hommes avides de richesses et de gloire pillèrent pour leurs comptes et pour ceux de leurs maîtres toutes les richesses de ces territoires qu'ils pouvaient trouver et s'accaparer par la force si nécessaire.  Or, argent, cuivre et pierres précieuses furent l'enjeu des conquêtes avec le prix que l'on sait pour les peuples premiers victimes du pillage.

 

Pourtant, un jour, ces nouveaux territoires devinrent le terreau d'une ère nouvelle...

 

Le temps passant, l'homme et le progrès créèrent le "besoin".

 

Ce dernier engendra, comme unique réponse, le marché et la production de masse. Le sort des pays conquérants et de leurs habitants s'améliora. Au rythme de la conscience des peuples, le besoin grandit et devint le principal enjeu d'une grande partie de l'humanité. Pour ce faire, la nature allait être fortement sollicitée. Une pression jamais vue sur les ressources naturelles de notre terre se fit jour. Une véritable frénésie de matières premières et notamment minérales monopolisa les énergies et les forces créatrices des humains que nous sommes. Dans de très nombreux pays dits du tiers monde, "joliment" exploités depuis des lustres par nos sociétés modernes, des hommes, femmes et enfants que la bienséance et les lois nous ne permettraient plus de mettre en esclavage ou d'employer depuis plus d'un siècle, s'imposent, au prix d'un lot de misère, de sacrifices insoupçonnés et de risques parfois mortels, de creuser la terre à quasi mains nues, pour que nous puissions assouvir nos désirs toujours croissants de communication et de technologie. Ces gens, fils, filles et enfants de notre humanité,  gens dont on ignorent souvent tout ne mériteraient-ils pas, sinon un peu plus de considération, que nous exigions ensemble des multinationnales utilisant et nous vendant à prix d'or ces ressources, qu'elles respectent la dignité humaine et cesse l'exploitation misérable de ces gens?

 

Nous avons capter en quelques décennies seulement tout ce que Dame Nature avait mis des milliards d'années à créer. Ainsi, métaux, gaz, charbon, pétrole entre autres, virent leurs réserves diminuer de manière drastique. Les réserves actuelles seront probablement épuisées avant que notre technologie spatiale nous permette d'aller en chercher de nouvelles au delà des frontières de notre monde.

 

Fiers de notre civilisation et de notre course au progrès, nous vivons désormais dans un monde d'abondance. Un monde que la transformation des ressources primaires, la génération d'énergies indispensables, l'accumulation de déchets découlant de l'obsolescence des biens fabriqués et de la pollution modifient profondément. Le premier à en supporter les affres étant notre environnement. En effet, celui-ci change à un point qui pourrait bien voir prochainement des modifications notoires de nos climats, de nos territoires et de nos modes de vie. Beaucoup d'entre nous pensaient, il y a encore peu de temps, et pensent peut-être encore aujourd'hui, que cette abondance est et sera toujours la règle. Ils pensent aussi  que notre sacro-saint progrès réglera tous nos problèmes... Est-ce là une certitude? Difficile de le dire face aux réalités qui ce font jour... C'est un fait, aujourd'hui, nos ressources s'épuisent très vite, si vite même. Nous sommes de plus en plus nombreux sur cette planète et nos besoins s'accroissent sans cesse. Certes, les peuples d'aujourd'hui expriment des exigeances, des besoins de biens manufacturiers dont on ne saurait plus se passer de nos jours, des besoins que l'on a si bien su nous créer afin de nous transformer en "bons" consommateurs, des consommateurs du reste pas toujours si raisonnables. II n'existe pas d'écoles pour cela! Il est clair que nos ressources, devant cet état de fait, ne pourront pas satisfaire encore longtemps notre soif. Le manque de matières premières, la pollution à l'échelle planétaire nous conduiront à faire des choix difficiles ou supporter des conflits et des guerres d'une ampleur jamais égalée depuis l'apparition de l'homme sur terre.

 

Il est peut-être tant de prendre conscience de cela et d'agir...

 

Ne culpabilisons pas inutilement. Il ne s'agit pas là de perdre nos acquis et de revenir aux temps anciens, non! Il s'agit plutôt de nous poser les bonnes questions avant d'acquérir un objet quel qu'il soit. Nous ne sommes pas coupables, ce serait trop facile, mais nous portons en nous une certaine part de responsabilité. Il était facile de dire: "nous ne savions pas!" Ce n'est plus le cas désormais dans nos sociétés de l'information et de la mondialisation. La solution sera peut-être difficile à trouver et ardue à appliquer, mais notre avenir tient tout entier dans nos mains. Ne perdons jamais de vue que nous sommes les "gardiens" de notre écrin de vie. Nous l'avons trop souvent oublié. Nous avons déjà tant perdu. La vie est rare et sacrée. Elle compte sur nous tous. Utopie me direz-vous! Certes peut-être n'est-ce là qu'une utopie, un enième plaidoyer pour une prise de conscience collective de nos dérives et pour un monde meilleur. Ce n'est peut-être aussi, à vos yeux, qu'une simple réflexion d'un homme de bonne volonté pour le progrès de l'humanité. Pour ma part, je vous en laisse juge... Je tenais, face à certaines images, reflet d'une bien triste réalité, une réalité humaine que l'on nous cache souvent, apporter ma petite pierre à l'édifice de nos consciences d'hommes du XXIe siècle. Pour moi, et je l'espère pour vous, ce monde est notre avenir, fasse qu'il n'évolue pas sans nous.

 

ERPHY. 14.11.2014

 

Texte rédigé en réaction à l'émission de France2 "Cash investigation" du mardi 4 novembre 2014 ayant pour sujet, entre autre, la course aux matières premières  (Tantale en RDC) dans l'industrie des communications.

 


 


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Published by philipperenaud-creations
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